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Catalogne: Carles Puigdemont transféré vers l’Espagne tôt ou tard? (rfi.com)

  • Publié Par LA REDACTION
  • 4 novembre 2017

Carles Puigdemont se présente comme « le président du gouvernement catalan légitime en exil à Bruxelles ». Il est en Belgique depuis le 30 octobre, avec quatre « conseillers », quatre anciens ministres. Mais le président destitué du Parlement catalan est désormais visé par un mandat d’arrêt européen ; la justice espagnole l’accuse de « sédition, rébellion, de détournement de fonds publics et de désobéissance à l’autorité ». Le parquet fédéral belge est désormais saisi de ce mandat d’arrêt.

Avec notre correspondant à Bruxelles,  Pierre Benazet

Il n’y a désormais plus d’extradition entre pays européens mais un transfèrement : tout se passe entre les systèmes judiciaires. Avec le mandat d’arrêt européen, c’est uniquement une procédure, il ne peut plus y avoir d’intervention politique. Ce qui, d’ailleurs, doit bien soulager le gouvernement fédéral belge à l’heure actuelle.

Le parquet fédéral de Belgique a reçu le mandat d’arrêt espagnol. Il a annoncé ce samedi 4 novembre en matinée qu’il était en train de l’examiner. Le parquet confirme que le mandat concerne aussi les quatre anciens ministres du gouvernement catalan arrivés avec Carles Puigdemont en Belgique, à savoir Clara Ponsatí, Meritxell Serret, Lluís Puig et Antoni Comín.

Un avis de recherche en Belgique

La suite sera automatique. Il y aura d’abord un avis de recherche à tous les commissariats du royaume. En même temps, un juge d’instruction sera nommé. Si le mandat est conforme – et on n’a peu de raison d’en douter -, le juge d’instruction transformera le mandat européen en mandat d’arrêt belge.

Ensuite, il devra décider s’il faut la détention préventive pour Carles Puigdemont. Si la police fédérale belge met la main sur lui, le président destitué sera alors transféré vers l’Espagne, soit dans les dix jours s’il est d’accord, soit dans les soixante jours s’il refuse de se soumettre au mandat européen.

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■ Carles Puigdemont déconcerte et divise

Tête brûlée ou fin stratège ? En s’exilant à Bruxelles, Carles Puigdemont avait-il un plan bien défini ou pratique-t-il la technique de la navigation à vue ? Il se présente désormais comme le président du gouvernement catalan « légitime » en exil, une stratégie qui, en Catalogne, déconcerte et divise la population. De Bruxelles, le président destitué a expliqué qu’il comptait bien se servir « du haut-parleur que cela suppose d’être dans la capitale de l’Europe » pour contester ce qu’il considère comme des emprisonnements « politiques ». Un discours qui trouve un certain écho au sein de la population catalane, l’incarcération des huit membres du gouvernement destitué ayant suscité des réactions d’indignation bien au-delà du camp des indépendantistes.

Pour certains, Puigdemont apparaît donc comme un homme fidèle à ses idées, qui entend les défendre sans craindre d’être privé de liberté. Pour d’autres, en revanche, sa fuite a surpris. Il faut dire que tout au long de cette crise, le président catalan destitué s’est montré imprévisible. Dans son camp, les plus modérés l’avaient récemment encouragé à tempérer ses ambitions. Soumis à des pressions au sein d’une fragile majorité, il a fini par proclamer l’indépendance le 27 octobre. La veille, beaucoup pensaient pourtant qu’il allait convoquer des élections. Il y a renoncé, estimant qu’il n’avait pas obtenu la garantie du Premier ministre espagnol qu’il ne mettrait pas la Catalogne sous tutelle. Puigdemont a fini par accepter que sa formation participe aux élections du 21 décembre 2017, un scrutin convoqué par Rajoy.

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